Tout porte à croire que l’entraîneur français des Vert et Rouge, Alain Michel, ne continuera pas l’aventure mouloudéenne jusqu’à la fin de l’exercice en cours. Contacté hier matin par nos soins, le coach mouloudéen n’était pas trop optimiste quant à son avenir au Mouloudia, et ce à cause de tous les problèmes qui fusent de partout, et en particulier celui concernant le volet financier. Lors de cet entretien, Alain Michel est également revenu sur la dernière sortie africaine de son équipe à Bangui.
Avec un peu de recul, quel commentaire faites-vous sur le récent 1 à 1 réalisé à Bangui face au Real local, que beaucoup de Mouloudéens considèrent comme un résultat positif ?
C’est vrai qu’on aurait pu revenir au pays avec une belle victoire du moment qu’on a encaissé le but égalisateur lors des arrêts de jeu, mais, sincèrement, mes joueurs ne pouvaient pas faire mieux.
C’est-à-dire ?
Ecoutez, quand on se déplace dans un pays lointain comme la République centrafricaine avec un seul gardien de but et un effectif réduit en dépit de tous les problèmes et de la difficulté de la mission contre un adversaire vraiment inconnu, on peut s’estimer heureux d’avoir réussi à tenir le choc. Franchement, je ne pouvais pas demander plus à mes joueurs qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient. Je peux même ajouter que le fameux but de l’égalisation a été inscrit dans des conditions infernales, avec tout d’abord une chaleur intense, une tempête de poussière et, enfin, une tempête de pluie. D’ailleurs, le tir de l’attaquant centrafricain a été détourné par le vent dans une action des plus cocasses. On avait même la possibilité de tuer le match dès la première mi-temps, ratant deux belles occasions. Grosso modo, le 1 à 1 réalisé à Bangui dans toutes ces conditions est en quelques sorte un très bon résultat.
Un résultat qui ouvre les portes de la qualification au Mouloudia, n’est-ce pas ?
Effectivement, mais rien n’est encore acquis. Il nous reste une seconde manche à négocier chez-nous et on doit faire l’essentiel tout en faisant preuve de beaucoup de vigilance et de méfiance. Il ne faut surtout pas tomber dans le piège de la facilité, se disant qu’on est déjà qualifié devant cette modeste équipe du Real Bangui. Bien au contraire, il faut se donner à fond et tâcher de marquer très tôt et le maximum possible de buts pour bien gérer les minutes restantes et aussi les matches restants de la phase aller qui vont nous tomber dessus dès le 15 février prochain à l’occasion du derby algérois contre l’USM Harrach.
Avant cela, vous avez un stage en Espagne à effectuer…
C’est exact et on mise beaucoup sur ce stage même si on aura encore d’autres contraintes comme ce fut toujours le cas.
Peut-on connaître ces fameuses contraintes ?
Comme vous le savez, on n’a qu’un seul gardien, Azzeddine, Zemmamouche ayant rejoint la sélection nationale des A’ qui se trouve au Soudan, et Slimani ne peut pas nous accompagner à cause de son problème militaire.
Derrag n’a pas encore son visa alors que le Malien Coulibaly n’a plus donné signe de vie. Pour l’anecdote, toutes les nouvelles recrues ne sont pas concernées par le match retour de la Champions League etmais aussi par les quatre matches restants de la phase aller contre l’USMH, le MCS, l’USMB et la JSK. A ma connaissance, ces mêmes joueurs n’ont pas le droit de jouer les prochains matches de la Ligue des champions, et ce jusqu’au mois de juillet, à l’occasion des huitièmes de finale. Voilà où en est la situation. Pensez-vous qu’avec toutes ces données, on peut être serein ?
Pour rester toujours dans le cadre des nouvelles recrues, que pensez-vous nous dire des nouveaux venus ?
Pour le gardien Azzeddine, il n’y a aucun problème du moment qu’il connaît très bien le MCA. Berramla est un bon technicien mais beaucoup de travail lui reste à accomplir sur le plan physique. Laref est le seul que j’ai pu suivre et je pense même qu’il nous sera très utile en attaque, d’autant plus qu’il joue dans l’axe. Pour le Malien Mamadou, il faut d’abord régler son cas avec la direction du Stade Malien qui réclame l’intégralité de la somme exigée alors que la direction du MCA propose de payer ce transfert par tranches. En tout cas, si cette transaction se concrétise, ce que je souhaite, on aura ainsi deux nouveaux attaquants qui vont aider les Sofiane, Derrag, Amroune et autres Bensalem.
Pour revenir à ce stage, combien de matches amicaux avez-vous envisagé ?
Deux seulement et il faut être sur place pour en savoir un peu plus sur nos futurs adversaires même si on annonce un peu partout qu’on retrouve un certain Rubin Kazan. Une certitude : plusieurs grands clubs européens se trouvent sur place pour effectuer leur préparation. Normalement, c’est les organisateurs de ce stage qui sont les mieux placés pour en savoir un peu plus sur cette histoire de sparring-partner.
Sinon, pour les autres compartiments, vous êtes satisfaits ?
Pas totalement satisfait du moment qu’il nous manque actuellement un arrière droit après le départ de Bouhaferet Mouici. Mais pour le reste, je suis entièrement satisfait de ce que j’ai sous la main, que ce soit en défense ou au milieu du terrain.
Passons maintenant à autre chose : votre situation financière. Où en êtes-vous avec la direction du club ?
Sincèrement, je suis outré et fatigué ! J’en ai ras-le-bol et j’en ai marre de cette situation infernale ! Je pense que j’ai assez subi comme ça. Par respect pour ce grand club, j’ai opté pour la compréhension et la sagesse en mettant à chaque fois l’intérêt suprême du MCA au-dessus de toutes les autres considérations, y compris la mienne. Et comme dans la vie, il faut savoir un jour dire stop, je peux vous annoncer que je peux partir à tout moment. D’ailleurs, permettez-moi de vous confier une chose.
Allez-y…
Pas plus tard qu’hier matin, je me suis déplacé à la banque pour encaisser mon chèque et, sur place, on m’annonce que le compte du club était vide ! En d’autres termes, il n’y a pas d’argent et nous revoilà repartis à la case départ. Trouvez-vous ça normal ? Non, on ne peut pas continuer comme ça car cela devient invivable. Moi, j’ai une famille à nourrir, comme d’ailleurs mes collaborateurs qui n’ont pas été régularisés depuis plusieurs mois. On travaille d’arrache-pied avec beaucoup de volonté et d’abnégation sans ménager le moindre petit effort et voilà comment on est traités !
En voilà un entraîneur très déçu…
Ne trouvez-vous pas qu’il y a vraiment de quoi l’être au vu de cette situation critique ? Une certitude : chaque chose a une fin, y compris ma patience. Je pense que la balle est désormais dans le camp des dirigeants et c’est à eux de décider et, surtout, de trouver des solutions dans l’immédiat. Moi, je suis toujours là, prêt à relever le défi mouloudéen comme je l’ai fait auparavant. Mais, demain, personne ne sait ce qui va se passer.
Alain Michel ne fait ni du chantage ni rien du tout, il réclame seulement son dû et rien d’autre.
Entretien réalisé par Mounir Benkrami





































