On a su par votre entraîneur que vous étiez blessé, est-ce qu’on peut savoir de quoi vous souffrez ?
C’est juste une contracture sans gravité aucune. Mais même si ce n’est pas aussi grave que ça, il me fallait quand même observer une période de repos faute de quoi j’aurais pu aggraver mon cas. Mais, Dieu merci, tout va pour le mieux, du moment que j’ai observé une période de repos, aussi courte soit-elle, celle-ci m’a été très bénéfique. Voilà donc où j’en suis avec cette blessure. Là maintenant, j’ai repris les entraînements avec le groupe, je suis en train de travailler mon physique afin de revenir à ma forme optimale.
Quel est l’état d’esprit au sein du groupe chéliffien ?
Disons qu’il est très bon. Comme vous le savez, le groupe vit très bien ensemble, les joueurs savent ce qui les attend en cette fin de saison, nous avons des objectifs à atteindre, on fera tout pour. Les joueurs savent que leurs intérêts sont dans la réalisation des objectifs qui leur ont été assignés, pour cela on fera tout ce qui est en notre possible pour les atteindre. Cela étant, je pense que vous n’êtes pas sans savoir que nous avons un groupe de joueurs de bonne famille, des garçons très dévoués pour le club alors, l’ambiance ne peut-être que bonne dans une groupe comme ça.
La dernière victoire en championnat sur le MCO a certainement dû vous faire beaucoup de bien…
Oui, une victoire est toujours bonne à prendre et bonne pour le moral. Contre le MC Oran, nous avons fait un bon match que nous avons conclu par une belle victoire, forcément que l’influence sur le moral des troupes ne pouvait être que bénéfique. Prendre des points de cette manière à une équipe aussi redoutable que le MCO est déjà une performance. Je vous disais que nous avons un bon moral c’est parce que ce ne fut pas si évident que ça, le MCO est une bonne équipe qui s’est bien accrochée, bien que dans le dernier quart d’heure, j’ai senti une certaine fatigue chez certains joueurs.
Vous étiez dans un passé très récent un des piliers de l’équipe et ces derniers mois vous voilà passé du statut de titulaire indiscutable à celui de remplaçant voire la cinquième roue de la charrue. Qu’est-ce qui s’est passé pour que vous soyez passé d’une extrême à une autre ?
Et bien pour avoir une réponse très précise, je crois que c’est au coach qu’il faut poser la question. Pour ce qui me concerne, je peux seulement vous dire, qu’effectivement, il n’y a pas si longtemps j’étais, comme on dit dans le jargon de notre football «Babaha» (traduit intégralement veut dire «son père» qui veut dire être le patron, ndlr) et puis, subitement, je me retrouve à chauffer le banc quand je ne suis pas carrément dans les tribunes. En tout cas, faites toutes les lectures que vous voulez de cette situation, moi tout ce que je peux dire que c’est vraiment bizarre qu’un joueur qui était pilier, pour reprendre votre expression, il y a à peine quelques semaines, se retrouve soudainement écarté du groupe. Moi je suis un vrai professionnel, je n’ai pas fait de vagues et je n’en ferais jamais. Mon éducation ne me permet pas de faire quoi que ce soit en dehors de me plier aux choix de l’entraîneur, et c’est ce que je suis en train de faire. Cependant, je peux vous dire que mes jours à Chlef sont comptés, parce que je partirais dès la fin de la saison. Je ne le cache pas, je vais y aller avec un pincement au cœur, parce que j’aime cette ville et son équipe, les supporters me respectent et je le leur rends bien, j’ai vécu des moments extraordinaires ici à Chlef, alors forcément que je vais partir non sans regrets. Mais c’est la vie d’un footballeur qui est faite ainsi, je ne me lamente pas sur mon sort.
On vous sent très amer…
Amer ? Non, je ne le pense pas. Je suis déçu oui. Je suis déçu parce que j’ai donné le meilleur de moi-même à l’ASO. J’ai toujours respecté les entraîneurs, les dirigeants, les supporters, mes coéquipiers et les entraîneurs qui se sont succédé à la barre technique du club. Jamais, je dis bien jamais au grand jamais, j’ai triché où j’ai fait quelque chose qui s’y apparente. Ce maillot, je l’ai aimé, ces couleurs je les ai défendues de toute mon âme, je suis devenu, et là, permettez-moi de vous emprunter une fois de plus votre expression, je suis devenu un pilier dans l’équipe, et comme par enchantement, entre l’espace d’une nuit, je redeviens ce joueur qui ne donne rien, qui n’a pas sa place dans l’équipe. Je ne dis pas que c’est à n’y rien comprendre parce que moi j’ai tout compris. C’est clair, net et précis, on n’a plus besoin de toi, fais tes bagages et c’est ce que je vais faire. Puisque c’est ainsi, je pars, non sans regrets, mais je pars parce qu’on ne veut plus de moi.
Entretien réalisé par Hocine S.




































