Selon l’APS, le TAS algérien a appelé jeudi les Fédérations sportives nationales à contribuer à la réussite de la mission d’arbitrage, en lui communiquant leurs «statuts et règlements généraux actualisés» ainsi qu’une «liste de cinq arbitres et trois experts». C’est donc une initiative louable que de s’intéresser enfin à ces conflits récurrents qui empoisonnent, voire freinent la pratique sportive nationale. Sauf qu’au même moment la FAF suspend pour une durée d’un mois pas moins de sept arbitres pour «insuffisance technique», dont le trio qui a officié lors du match USM Annaba–MCEE. Il y a donc comme un malentendu entre les deux instances ou du moins un manque de coordination. Ainsi au moment où le TAS sollicite toutes les fédérations dont la FAF pour avoir une idée très précise sur les nouveaux statuts les régissant ainsi que cinq arbitres appelés à trancher les litiges, voilà que la Fédération suspend sept d’entre eux. Question : ces référés sanctionnés recourront-ils au TAS en avançant comme principal argument l’incapacité de juger les fautes techniques dont ils sont suspectés ? En effet qui est habilité à juger un arbitre sinon un autre arbitre ? A moins d’être un membre très au fait de l’arbitrage, un expert, on se demande sur quelle base peut-on décréter l’insuffisance technique ? Cela n’absout absolument pas les juges du football de tous les défauts qu’ils traînent et nous avons eu à constater de graves défaillances, notamment lors de rencontres très importantes et de derbys. Cela n’exclut pas le fait non plus qu’il ne faille pas sanctionner les arbitres, et ce genre de mesures peut se révéler salutaire, et mieux les inviter à plus d’impartialité. Il n’est un secret pour personne que le corps arbitral contient lui aussi ses brebis galeuses, et lors des rencontres décisives en fin de saison, celles-là au cours desquelles se joue le maintien et/ou la rétrogradation, de fortes suspicions pèsent sur l’intégrité des arbitres dont certains cèdent au pactole proposé. Appelons les choses par leur nom : la corruption, fait social banalisé, a depuis belle lurette contaminé le sport et on n’achète pas uniquement les joueurs mais aussi les arbitres. Pour dire que cette décision de susprendre sept d’entre eux aurait gagné à être prise avec beaucoup plus de transparence et il n’aurait rien coûté à la FAF d’aviser le TAS et de donner à cette sanction plus de valeur juridique. En un mot, le TAS doit être associé à toutes les décisions. Pour lui donner l’autorité dont il a besoin et pour éviter aux plaignants de recourir aux instances internationales comme ce fut le cas, dépréciant ainsi nos institutions. A. B.





































