L’ex-entraîneur des gardiens de but de l’USM Blida, de la JSM Béjaïa et du MCEE , Abdelhalim Tifour nous a rendu visite avant-hier. On a profité de l’occasion pour le faire parler de ce métier qu’il effectue avec passion et il est aussi derrière la formation de plusieurs gardiens de but. Malheureusement, il pense que le mot entraîneur des gardiens de but est appelé à disparaître. «Actuellement, il n’existe pas d’entraîneur diplômé pour qu’il puisse bien maîtriser son sujet. Si on prend la majorité des clubs, soit ils mettent un ancien «goal» ou bien l’entraîneur en chef ramène quelqu’un de ses connaissances qui n’a rien à voir avec cette «fonction». C’est du copinage, la compétence est marginalisée. Les présidents font des calculs, ils engagent les moins chers ce qui se répercutent sur le niveau de nos gardiens de but», dira-t-il.
Il enchaîne : «C’est un poste qui demande des techniques de base, outre les qualités intrésèques. Les responsables gaspillent des sommes faramineuses en recrutant trois gardiens de but. Ils s’en foutent de la formation qui doit se faire surtout au niveau des jeunes catégories au lieu d’importer d’autres cieux». Tifour a constaté que ce métier est exercé par ceux qui dépassent la soixantaine. «Les statistiques de la plupart des entraîneurs des gardiens de but de la ligue 1 dépassent l’âge de la soixantaine. Lorsqu’on dépasse cet âge, on n’a pas la motivation comme celle d’un jeune pleine de volonté pour montrer ses compétences». Pour ce qui est des gardiens de l’équipe nationale «on a tendance à trop se focaliser sur M’bolhi et Chaouchi. Alors que le travail des responsables c’est de programmer des ministages si on prend chaque mois six gardiens de but qui sont susceptibles d’être sélectionnés, on essaye de travailler avec et on finira par retenir les meilleurs au lieu d’en avoir que deux seuls dont on parle à longueur d’année», déclare-t-il. C’est un métier qu’il a toujours bien exercé et souligne que seul le travail paye. L’entraîneur doit suivre toutes les rencontres des jeunes catégories et non seulement les seniors. Je suis sûr et certain qu’il y a de la pâte qui reste à modeler avec des compétences, et non pas avec ceux qui n’ont rien à voir avec le métier» précise-t-il. Son souhait c’est que chaque club doit mettre un entraîneur des gardiens de but maîtrisant bien son sujet pour «sortir» de bons gardiens.
Pour rappel, Tifour a suivi une formation de quatre années. «J’étais gardien de but par le passé dans un club qui joue actuellement en DNA. après avoir mis un terme à ma carrière sportive, mon souhait c’était de devenir entraîneur des gardiens de but pour mettre mon expérience au profit des jeunes. J’ai étudié quatre longues années au centre de formation des G.B. Cavaillon (France). Plus un stage de perfection au centre Langurano (Italie) avec Buffon, Toldo… sous la direction de M. Fulgoni (Italie). Actuellement, il est sans club, j’ai entraîné l’USMBA, MCA, USMB, MCEE et la JSMB soit dix années en tout. Et depuis le mois de janvier de l’année en cours je suis sans club.
J’ai des contacts, mais je n’ai rien décidé pour le moment. Je pense que dix longues années de travail ça use, je préfère prendre un peu de recul», dit-il. Il a passé quatre années à la JSMB où il a participé à deux coupes d’Afrique. «Je n’arrive pas à ce jour pourquoi la direction du club m’a évincé, pourtant, j’ai réalisé du bon travail. J’ai aussi permis à Cédric de se perfectionner. Malheureusement, un jour Menad m’a signifié que des membres du bureau lui ont demandé de trouver quelqu’un d’autre à ma place… nous révèla Tifour. Selon certaines sources c’est Cédric qui était derrière son départ. «J’ai eu vent que c’est Cédric qui a demandé au président de me virer. Ce dernier s’est plié à ses exigences et dire que c’est grâce à moi qu’il est arrivé à ce stade.
J’ai une grande responsabilité dans sa remise à niveau, et à son excellent parcours. Je ne suis pas rancunier, car je me comporte comme un éducateur professionnel si ce joueur a une grosse tête» lance-t-il.
Tifour attend d’être régularisé
«La direction du club me doit six mois de salaire, j’espère que les dirigeants ne vont pas être ingrats après tout ce j’ai donné à la JSMB”, espère-t-il.
Avant de conclure, il nous parle de la situation que vit actuellement le MC Alger : «J’ai passé de bons moments avec le doyen, si les choses ont changé sur le plan administratif, ce n’est pas le cas dans l’entourage du club, ce n’est pas normal qu’une équipe qui gagne le championnat, la saison d’après joue sa survie. C’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas quelque part.
Le Mouloudia est une machine à laver où le linge doit être essoré». Son souhait c’est que ce prestigieux club au passé glorieux se ressaisisse et sauve sa saison.
Props recueillis par Oukili Ali





































