A l’image de ses protégés, le technicien français du Doyen, Alain Michel, a été déçu de laisser passer cette belle chance de remporter un titre avec les Vert et Rouge au stade du 5-Juillet. Selon le coach du MCA, c’est le résultat d’un manque de moyens dont souffre le vieux club algérois et qui est loin d’égaler ceux du Club Africain. Lors de son intervention, l’ancien manager de Grenoble nous fait le point sur son équipe ainsi que sur son avenir.
«Le rêve s’est effondré après le but égalisateur»
L’entraîneur des Vert et Rouge a entamé son intervention en nous faisant une analyse sur cette finale retour et bien sûr sur le très bon niveau des joueurs clubistes. Il a dit à ce propos : «Ce fut une rencontre d’un assez bon niveau et nous avions pu réaliser une première mi-temps de rêve. Durant la première période, on a su les faire douter, les prenant de vitesse. Ils étaient tout simplement dépassés par notre rythme et on pouvait facilement leur mettre d’autres buts si on a avait été plus appliqués devant les bois. En prenant ce but égalisateur, tout s’est effondré devant nous et les joueurs savaient pertinemment que c’était fini. Toutefois, il faudrait avouer quand même que nous ne faisons pas partie de la même planète, étant dépassés de loin par le Club Africain sur tous les plans. A voir leur banc de touche, on s’aperçoit qu’ils ont des potentialités plus intéressantes que les nôtres. Donc, il faudrait être raisonnable et revenir à la raison. On ne fait pas partie de la même cour. Ils nous dépassent sur le plan organisationnel et structural et moins encore sur le potentiel sportif.
«Les Tunisois nous dépassent sur tous les plans»
En abordant le sujet de la formation tunisoise, Alain Michel a tracé les quatre vérités qui différencient le MCA du Club Africain, nous déclarant : «C’est clair qu’il nous dépasse de très loin sur pas mal de chapitres. Nous, au MCA, nous n’avons même pas de stade propre à nous pour bien nous préparer. Comment voulez-vous alors qu’on se mette à leur niveau ? Il faudrait éviter de confondre réalité et rêve.
Avoir de l’ambition, c’est bien, mais il faudrait penser aussi à bâtir quelque chose de solide pour espérer récolter quelque chose. Nous n’avons aucune infrastructure sportive au Mouloudia, sans parler de la logistique. Arrêtons donc de vendre du rêve à nos suppor-ters et leur faire croire qu’on a les moyens de défier les gros calibres. Le public n’a pas besoin qu’on lui mente puisqu’il voit tout devant lui. Commençons d’abord par mettre en place une politique solide autour de la formation en s’appuyant sur nos propres infrastructures avant de parler d’avenir.»
«Qu’on arrête de mentir aux supporters»
Annoncé un peu partout, Alain Michel serait plus que jamais proche de la porte de sortie étant à froid avec ses responsables mouloudéens. Interrogé sur son avenir aux commandes du vieux club algérois, le Français nous a dit : «Ecoutez, moi je suis au bout de ma patience et j’en ai marre d’entendre parler de ce sujet à chaque tournant. C’est fou comment les gens veulent induire en erreur le public sportif pour le dévier de la réalité. Je n’accepte pas d’être l’arbre qui cache la forêt. Donc, il faudrait que chaque partie assume ses responsabilités et je suis prêt à assumer les miennes. Je ne peux plus me casser la tête et me débrouiller chaque matin tout seul à gérer les problèmes des autres. Cela ne peut plus continuer comme ça et il est temps de remettre de l’ordre. Je vais rentrer à la maison pour me ressourcer et voir ensuite ce qui peut arriver.
J’ai déjà informé Omar Ghrib de mon départ qui été déjà programmé bien avant la finale et même en cas de victoire. A un moment donné, il faudrait que je pense un peu à moi et à la décision que je dois prendre.
Ce n’est pas un abondon de poste puisque je ne raterai que le match de Coupe d’Algérie. Je serai de retour la semaine prochaine et j’espère que les choses s’amélioreront d’ici là.»
«Les joueurs doivent retenir cette belle leçon et positiver leur expérience»
A la fin de sa déclaration, le coach mouloudéen parle de la suite du parcours de son équipe et des échéances à venir : «On va jouer pas moins de six rencontres en 18 jours. Cette série de matches serait plus que décisive pour nous et on sera mis à rude épreuve.
Les joueurs doivent retenir cette belle leçon et positiver leur expérience. C’est important pour eux de vivre ces situations pour mieux rebondir par la suite.»
S. M.





































