L’élimination catastrophique de l’Angleterre par l’Allemagne et celle surprenante des Etats-Unis par les héroïques Ghanéens signe la fin de la domination du football occidental concurrencé désormais, voire surclassé par l’Amérique latine qui est représentée par sept pays alors que l’Europe n’en compte que six. Cette nouvelle configuration du football mondial s’explique sûrement par la facilité de déplacements de joueurs et le mercato qui en découle, conséquences directes d’une mondialisation qui ne profite pas toujours aux pays initiateurs de la doctrine du libre-échange, confrontés aux pays émergeants. Or, quand un pays émerge, sa pratique sportive aussi. Pour dire tout simplement que le nôtre de pays a toutes les chances d’émerger sur le plan sportif pour peu qu’il y ait une politique conséquente qui fasse fi de cette déconcertante facilité qui consiste à aller chercher des joueurs formés par des pays étrangers même s’ils nourrissent un nationalisme sans failles. La question n’est pas de remettre en question el patriotisme de ces jeunes footballeurs qui ont entonné l’hymne national la main sur le cœur alors que la plupart d’entre eux ne parlent pas l’arabe. La question, c’est leur présence même en force, ce qui signifie que malgré les sommes colossales qui sont annuellement dépensées par les clubs de nos championnats, ceux-ci n’ont pas été susceptibles de fournir une ossature à l’équipe nationale. Parce que la formation qui est la base de toute réussite du sport en général et du football en particulier, a toujours été considérée comme accessoire voire inutile chez des dirigeants prompts à débourser des fortunes pour recruter un attaquant «prêt à l’emploi» au lieu de consacrer ce argent à l’épanouissement des petites catégories même s’il faut pour cela jouer les seconds rôles durant quelques saisons, le temps de cueillir les fruits du labeur. Mais nul ne l’entend de cette oreille et notre paysage sportif est marqué par une concurrence farouche non pas entre clubs, ce qui serait un signe de bonne santé, mais entre patrons de clubs qui se livrent une guerre d’ego où le plus riche nargue le plus pauvre en surenchérissant toujours. Pourtant, la leçon est cinglante en ce mondial : si le football était exclusivement une question d’argent, les Etats-Unis auraient écrasé le Ghana, un pays dont le PIB est vingt fois inférieur à celui des Américains.
Le Brésil a longtemps marqué de sa suprématie le football mondial. C’est une affaire de talent. Et donc de formation. Méditons…
A. B.





































