Balle au centre : Une législation floue  actualite Encore une histoire de sponsoring. Après celle qui a engendré un conflit entre la FAF et le MCA à propos de la chaîne Nessma qui a décidé de faire au Mouloudia porter son label, engendrant ainsi un cas de jurisprudence, voilà l’USM Annaba qui est sur le point d’être privée de son sponsor majeur, la société de l’acier ArcelorMittal implantée à El Hadjar, parce que le club aurait porté préjudice à l’image de marque de l’entreprise. Ainsi c’est toute la philosophie du sponsoring qui est relancée à travers cette exigence de la multinationale de Annaba : on veut bien donner de l’argent à condition que l’image soit revalorisée. C’est légitime et sans aller jusqu’à analyser le fonctionnement de l’entreprise, notre rôle se limitant à l’aspect purement sportif, il convient quand même de se poser la question de savoir en quoi son image a été ternie. Le P-DG avance comme argument la gestion chaotique du club qui l’aurait incité à prendre une telle décision. D’autre part, un homme d’affaires algérien conditionne, lui, le sponsoring du club au départ de l’actuelle équipe dirigeante. Au-delà des appréhensions des uns et des autres, il faut surtout remarquer qu’avec l’avènement du professionnalisme, les sponsors, principaux fournisseurs d’argent frais se posent en décideurs et ont désormais un droit de regard sur la composante des gérants. En somme, une presque privatisation du football puisque les pouvoirs publics, malgré le fait qu’eux aussi avancent de grosses sommes — 10 milliards pour chaque club —, ne sont pas pour autant exigeants sur la désignation des dirigeants dont ils laissent le choix aux AG. Alors nous acheminons-nous vers l’émergence de magnats du foot à l’image de ce qui se passe en Europe où ce sont de richissimes hommes d’affaires qui achètent des clubs ? Un émir a bien acquis un prestigieux club anglais en mettant le paquet ? C’est donc pour toutes ces raisons que les instances du football doivent légiférer sur les statuts réels des clubs : il ne suffit pas de décréter qu’ils auront celui de Sarl ou de Spa pour régler l’épineux problème de gérance. D’autant plus que cette forme juridique — Sarl et Spa — introduit un caractère d’association, donc de propriété. On ne nous dit pas non plus qui pourra devenir associé ou actionnaire. De plus, l’un ou l’autre, en mettant de l’argent dans la trésorerie du club, aura-t-il pour autant un droit de regard dont celui de désigner le président ou ses adjoints comme le laisse supposer cet homme d’affaires à Annaba ? Toutes ces questions doivent trouver impérativement réponse. Avant le démarrage du professionnalisme. Sinon, comme l’a déclaré un ancien international, ce sera la charrue avant les bœufs.

A. B.

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