Il ne faut surtout pas croire que les faiblesses de l’équipe nationale se limitent uniquement à celles visibles et vérifiables sur le rectangle vert au cours d’un match de football. Sur le plan technique trois défaites – face au Malawi, à l’Egypte et, enfin, face à la Serbie – ont suffi pour déclencher l’état d’alerte au sein du staff et de la FAF qui se sont immédiatement affairés à chercher des solutions éventuelles en perspective de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Après la CAN,l’entraîneur national, M. Rabah Saadane, a révélé :«Nous n’avons pas de doublure au niveau du secteur défensif de la même valeur que les autres compartiments, il faut travailler d’une manière rationnelle loin de toute pression.»Les décisions sont prises, notamment dans l’opération de renforts de l’effectif qui est engagée, la domiciliation des prochains stages,etc. Et le reste devrait suivre.
Se qualifier au Mondial2014 au Brésil
Il n’en demeure pas moins que d’autres défaillances restent toujours en suspens. Le but de ce constat n’est pas de revenir ou de critiquer inutilement ce qui est engagé pour solutionner les problèmes de l’heure, mais de mettre le doigt sur tous les facteurs qui doivent constituer les «voies et moyens» de la réussite d’une sélection nationale de football. Force est de constater que beaucoup de choses encore font défaut ou bien ont besoin, elles aussi, d’être renforcées, consolidées. Il ne faut pas perdre de vue que le plus important aujourd’hui,à notre sens, c’est de poursuivre sur la dynamique de qualification de l’équipe nationale, la maintenir au niveau où elle se trouve. L’objectif principal serait de tout mettre en oeuvre pour une qualification pour la Coupe d’Afrique des nations 2012 et la Coupe du monde, en 2014, au Brésil.
Les rapports staff technique-EN-médias
Lors de son point de presse, le 1er mars dernier au stade du 5-Juillet,M. Mohamed Raouraoua avait dressé une conclusion claire et franche : «Ne nous voilons pas la face, il nous reste beaucoup à faire pour atteindre le haut niveau du football. Nous devons encore travailler sans relâche pour constituer une équipe nationale forte, performante et compétitive. Pour le moment, nous sommes en train de revenir !», avait déclaré le président de la FAF aux journalistes. Après avoir fait le tour des places les plus prestigieuses du football,M. Raouraoua sait de quoi il parle. Une qualification en coupe du monde ne doit pas, en effet, constituer une finalité.
Un centre digne de ce nom pour l’EN
Ce qui fait le plus défaut, c’est la sérénité nécessaire à la préparation de l’équipe nationale, notamment depuis le dernier stage à Alger, tenu la veille du match d’application face à la Serbie. Un court séjour, mais tout de même marqué par quelques interférences et détails qui ont gâché le bon déroulement du travail à faire, voire gêné les joueurs durant leur repos, concentration et récupération. A la fois pour le sélectionneur et pour les joueurs qui ont eu à subir quelques désagréments… L’enceinte idéale doit être un centre de préparation qui leur soit propre, qui mettrait nos internationaux dans les meilleures conditions. Un centre doté de tout : terrains, moyens de récupération, détente, soins, loisirs, etc. En Italie, l’EN est allée à Coverciano, dans le centre de regroupement de la fédération italienne…parce qu’elle n’a pas où aller en Algérie. Il faut préciser que ce type d’installation fait cruellement défaut au sport algérien de haut niveau, d’une manière générale. Pour rappel, en 2004, la FAF a investi 1 milliard de centimes dans le fameux stade du COA à Tikjda (1800 m d’altitude) pour aller se préparer, six ans plus tard, dans les Alpes suisses. C’est dire qu’elle n’a rien reçu en retour…
Le Centre de Sidi Moussa
L’absence d’un terrain digne de ce nom pour que l’équipe nationale puisse s’entraîner tranquillement fait cruellement défaut. Jusqu’à quand ? Si l’on veut que l’équipe nationale reste performante, au moins au niveau continental, il est judicieux, dès aujourd’hui, de la doter du minimum syndical : son terrain d’entraînement. En attendant un centre en bonne et due forme. Il y a un mois, M. Raourouaa parlé du centre de Sidi Moussa qui sera bientôt opérationnel. Selon le président de la FAF, la formule actuelle ne convient pas aux perspectives envisagées par la FAF. La conjoncture étant que le ministère de la Jeunesse et des Sports soit attentif aux besoins du football,plus particulièrement à ceux qui peuvent se poser à l’équipe nationale, la FAF cherche à acquérir le Centre de Sidi Moussa et a proposé qu’il soit cédé à la fédération. «Nous sommes en contacts avec le ministère de la Jeunesse et des Sports pour trouver le cadre adéquat pour sa gestion», confirme M. Raouraoua. Un cadre adéquat sur lequel il faut rapidement trancher.
Les rapports staff technique-EN-médias
Sur ce chapitre, il y a beaucoup à dire. Et, surtout, à faire. Le staff technique de l’équipe nationale de football s’est montré par une caractéristique bien à lui depuis la Coupe d’Afrique des nations en Angola : il cède à la panique. Dès qu’il y a une défaite, l’entraîneur devient hermétique, impénétrable. Le jour d’après, l’EN remporte une victoire et revoilà M. Saadane et le reste de la troupe qui retrouvent langue. Aujourd’hui, la communication a pris une nouvelle dimension. On peut investir, certes, dans une victoire, comme en faisant match nul, ou en concédant une défaite. Cependant, il faut une stratégie pour cela. C’est toujours bon et rassurant d’écouter M.Saadane parler d’un fonctionnement professionnel de l’EN, à l’instar de ce qui se fait au sein d’autres sélections au niveau mondial. Cependant, le travail du staff technique doit se faire par des entraîneurs, tandis que la communication doit rester l’affaire de professionnels du domaine. L’Algérie étant un pays qui produit plus qu’une quarantaine de quotidiens, a besoin d’être alimentée. Et ce n’est pas forcément négatif de communiquer. Ni pour l’entraîneur ni pour ses adjoints, encore moins pour les joueurs.
Abdou S.




































