Habib Bellaïd est heureux de débuter son aventure algérienne. Habib Bellaïd est heureux de débuter son aventure algérienne. A 24 ans, Habib Bellaïd a fait son choix. Après avoir porté le maillot des Espoirs français et avoir été approché par la Tunisie quelques années auparavant, le défenseur central formé au Racing Club de Strasbourg a opté pour l’Algérie et figure parmi les joueurs susceptibles de disputer la prochaine Coupe du monde en Afrique du Sud. Retenu dans une première liste de 25 noms, Bellaïd se sent prêt pour le Mondial.
Habib, votre sélection en équipe d’Algérie au début du moi de mai a été une surprise pour beaucoup, pour vous également ?
Non, car avant d’être appelé, j’avais évidemment discuté avec le sélectionneur national à plusieurs reprises. Il y a quelques années, la Tunisie voulait me récupérer, en 2006, lorsque Roger Lemerre était à la tête de l’équipe nationale, mais je souhaitais d’abord jouer avec les Espoirs français. J’étais trop jeune à l’époque pour intégrer une équipe africaine.
Et pourquoi l’Algérie plutôt que la Tunisie ?
Eh bien, ça n’a pas été un choix facile… J’ai la chance de pouvoir postuler auprès de deux équipes puisque ma mère est algérienne et mon père est tunisien, mais il fallait faire un choix. Depuis tout jeune, je voulais jouer pour une équipe africaine, je me sentais prêt, et l’Algérie s’est présentée par l’intermédiaire de Rabah Saâdane. Il m’a fait part de son envie de me faire confiance, donc ça a pesé énormément dans la balance. Et puis j’ai également senti l’engouement des Algériens.
Aviez-vous tiré un trait sur l’équipe de France ?
Il faut être réaliste. Quand vous regardez les joueurs qui composent l’équipe de France, les clubs où ils jouent l’expérience qu’ils ont… Quand je pense que même Philippe Mexès ne fait pas partie de cette équipe, ça situe le niveau. Après, il ne faut pas non plus perdre de vue que, dans le secteur défensif, la France ne fait pas trop confiance aux jeunes et privilégient l’expérience. Ces dernières années, avec la longévité des Thuram ou Gallas, c’est plusieurs générations de joueurs qui n’ont pas eu leur chance parce qu’ils avaient des monstres devant eux. Aujourd’hui, les nouveaux comme Rami ou Ciani ont 25-26 ans, c’est symptomatique.
Ces dernières semaines, beaucoup de joueurs ont effectué des appels du pied pour « devenir » Algérien et ont été critiqués, qu’en pensez-vous ?
Je sais, mais ce n’est pas mon cas. Je n’ai fait aucune démarche comme certains autres pour devenir international algérien. Tout est parti du staff et du sélectionneur national, qui m’ont contacté pour me proposer de faire partie de l’aventure. J’ai accepté avec grand plaisir mais je ne cherche pas à profiter de la participation au Mondial des Fennecs pour me vendre. Comme j’ai dit au sélectionneur, j’espère être dans les 23, mais si je n’y suis pas, vous pourrez compter sur moi après…
Il ne reste qu’un match de L1 et un amical face à l’Irlande avec l’Algérie pour convaincre votre sélectionneur de vous prendre dans les 23. Est-ce suffisant à vos yeux ?
C’est sûr, ça fait peu de temps pour faire sa place, mais nous ne sommes que 25 à être pré-sélectionnés. Deux d’entre nous resteront sur le côté, donc je ne sais pas si le stage, les entraînements et la rencontre contre l’Irlande vont réellement changer la donne. Saâdane doit déjà savoir qui il veut prendre mais attend peut-être des confirmations. Mais, de mon côté, je vais tout faire pour aller en Afrique du Sud.
Seriez-vous déçu de rater le bon wagon ?
Je ne fais pas une fixation là-dessus. Si on m’avait dit, il y a quelques mois, ou même quelques semaines, que je serai susceptible de disputer la Coupe du monde, j’aurai traité mon interlocuteur de fou. C’était inimaginable. Je suis passé par des moments difficiles à Strasbourg, mes prestations n’étaient pas bonnes mais j’ai retrouvé de la stabilité à Boulogne. Alors je suis content d’avoir été pré-sélectionné. Comme je l’ai dit, si je ne vais pas en Afrique du Sud, ce n’est pas grave, je serai là pour le futur. Il y aura d’autres compétitions, comme la Coupe d’Afrique des nations, à disputer. J’ai 24 ans et je veux m’enrichir d’une expérience internationale.
Au pays, le mode de fonctionnement de Rabah Saâdane suscite de nombreuses interrogations, qu’en pensez-vous ?
Je sais, mais je ne me préoccupe pas de ça. Ce qui pose problème, c’est que Saâdane a très tôt écarté un certain nombre de joueurs qui avaient participé à l’épopée des qualifications pour le Mondial ou à la CAN 2010 pour en sélectionner de nouveaux, qui eux n’ont encore rien fait pour le pays. C’est très politique tout ça, alors ça ne me concerne pas.
La ferveur qui règne chez les supporters algériens peut-elle vous paralyser ou faire peur en cas de mauvais résultats ?
Non, absolument pas. Là-bas, il faut savoir que les gens s’identifient complètement à l’équipe nationale. Quoi qu’il arrive, elle suscite de l’intérêt et de la passion. En France, si les Bleus perdent ou sont mauvais, ce sont plus les journalistes qui font monter la mayonnaise, mais le public n’est pas aussi accroc. En Algérie, le sentiment d’identité nationale est beaucoup plus fort. Ils attendent donc énormément de nous, et c’est logique car on représente le pays, mais ne sont pas mauvais. Si tu perds, mais que tu as fait honneur au maillot et au pays, que tu as tout donné, alors il n’y a aucun problème.
Croyez-vous que certains joueurs pourraient juste disputer le Mondial 2010 et tourner le dos ensuite à la sélection ?
Je ne pense pas, mais si ça arrive, je peux vous assurer que nos supporters ne laisseront pas passer ça. C’est un peuple qui a une immense fierté et s’il se rend compte qu’un joueur a simplement voulu profiter de son passeport pour disputer une Coupe du monde et ensuite ne pas être là dans les matches de qualifications qu’on disputera par la suite et qui nécessiteront des déplacements fatigants et difficiles, le joueur risque de passer des moments difficiles…
Quel a été le déclic qui vous a poussé à rejoindre l’Algérie ?
Ce n’est pas un déclic. Je pense que je suis simplement arrivé à un âge où je me sens prêt. J’avais envie de m’investir dans une sélection nationale, de goûter aux rendez-vous internationaux afin de franchir une nouvelle étape dans ma carrière. En fait, j’ai fait mon choix depuis la fin de mon aventure avec les Bleuets en 2008, lorsque nous avions rater la qualification pour l’Euro. Je ne me suis pas manifesté, j’attendais tranquillement qu’une équipe nationale désire m’appeler pour mes qualités.
Qu’attendez-vous de l’Algérie durant la Coupe du monde 2010 ?
Il ne faut pas se montrer trop gourmand. Nous allons tout faire pour passer le premier tour, et si on y arrive, je crois que nos supporters seront déjà fiers de nous, comme nous nous serons heureux. Il ne faut pas oublier que nous sommes une équipe jeune, que nous sommes en phase d’apprentissage et de construction. Nous travaillons pour l’avenir actuellement, là où d’autres nations africaines sont plutôt sur le déclin ou comptent en tout cas plus de joueurs expérimentés ou de trentenaires. Le Mondial, ce n’est pas une fin en soi.
«Ça n’a pas été un choix facile… J’ai la chance de pouvoir postuler auprès de deux équipes puisque ma mère est algérienne et mon père est tunisien, mais il fallait faire un choix.»
«Saâdane a très tôt écarté un certain nombre de joueurs qui avaient participé à l’épopée des qualifications pour le Mondial ou à la CAN 2010 pour en sélectionner de nouveaux, qui eux n’ont encore rien fait pour le pays»
«J’ai accepté avec grand plaisir mais je ne cherche pas à profiter de la participation au Mondial des Fennecs pour me vendre.»




































