Grand gardien de but à son époque, l’un des tous meilleurs du pays durant les années 70/80, Mehdi Cerbah a connu dans sa carrière de très grands moments, que ce soit à l’USMA qu’il a rejoint en jeunes catégories, à la JSK où il est passé à une étape supérieure et où il a aussi réussi à marquer de son empreinte un passage des plus réussis, qui lui a permis de se frayer une place de choix en équipe nationale, où il a, des années durant, défendu brillamment les couleurs nationales, ou encore après avoir opté pour le grand RCK des Kaci-Saïd, Assad, Safsafi, Bouzama et beaucoup d’autres. Cerbah a aussi effectué une virée à Montréal où il a joué dans un club local une saison durant. Grâce à sa vista et à ses prouesses techniques qui ont fait de lui un dernier rempart incontournable en équipe nationale, il a inscrit, en lettres d’or, son nom dans l’histoire du football algérien.
Il a été l’un des héros des Verts lors de l’épopée du Mondial espagnol de 82, en ayant une grande part de mérite, dans la victoire historique de l’Algérie sur l’ogre allemand, l’ex-RFA de Kaltz, Rummunigue, Stielike, Briegel, Fisher et autres, en repoussant avec brio de nombreuses tentatives allemandes. Il a aussi un parcours des plus intéressants en tant que coach des gardiens de but, car en plus de sa riche expérience et du métier acquis dans le domaine, il n’a pas non plus cessé de se former pour avoir le bagage nécessaire en termes de méthodologie et de connaissances scientifiques dans le domaine du football. Il exerce, depuis qu’il a mis un terme à sa carrière, son métier d’entraîneur des gardiens de but. Il a fait aussi partie du staff technique de la sélection du temps de Meziane Ighil, puis de Madjer. Actuellement, il se trouve au Qatar où il entame sa sixième année de travail dans le domaine qui a de tout temps était sien avec sa passion habituelle. Nous avons voulu avoir de ses nouvelles, connaître son avis sur tout ce qui a trait à l’EN et sur d’autres points aussi. Avec son franc-parler habituel, il a courtoisement répondu à toutes nos questions.
Bonjour Mehdi, comment ça va ?
Très bien merci. Tout va bien pour moi ici au Qatar. Je n’ai pas à me plaindre, même si parfois, j’ai le mal du pays comme tous les Algériens.
Justement, cela fait un bon moment qu’on ne vous a pas aperçu au pays ?
Obligations professionnelles obligent. Cela dit, généralement, je fais une tournée au pays chaque mois de juin. Parfois, dès que j’ai la possibilité, je descends pour me retremper dans le bain du pays, surtout auprès de ma famille.
Quelles sont vos nouvelles dans le domaine du football ?
J’occupe le poste de directeur technique des gardiens de but dans mon club, avec lequel j’entame ma 6e année déjà ! Je m’occupe donc des gardiens de but toutes catégories confondues au niveau de mon club.
Vous êtes dans quel club exactement ?
Je suis à Al-Sad al-qatari où évolue Nadir Belhadj.
Ça se passe bien pour vous ?
Oui, très bien. J’exerce mon métier dans les meilleures conditions, car tous les moyens existent à Al-Sad. Comme j’aime former les gardiens de but, ce qui était et demeure toujours mon métier, je le fais avec passion, et conviction et beaucoup de détermination.
Vous avez certainement lancé de jeunes portiers en sélections qataries…
Oui, en sélection junior et espoir du Qatar.
On a eu des informations faisant part que vous ferez partie des plans des instances pour renforcer le staff technique des Verts. Qu’en est-il à ce propos ?
Il faut savoir qu’en ce qui me concerne, je ne me prononce que sur ce qui est officiel. Donc, pour répondre à votre question, je dirai que le président de la FAF ne m’a, jusque-là, jamais appelé ou contacté dans ce sens. Je ne peux pas donc dire si je suis ou non dans les plans des responsables de notre football.
Mais dans le cas où l’on fera appel à vos services, serez-vous intéressé de rentrer au pays ?
Il n’y a pas mieux que chez soi, c’est pour moi une évidence. Malheureusement, chez nous, on a comme l’impression qu’on est marginalisés dans notre propre pays. Comme si on ne voulait pas des anciens qui ont les compétences nécessaires pour faire du bon boulot dans leur propre pays. Pour répondre concrètement à votre question, je dirai…pourquoi pas ?! Mais, il faudrait que ce soit une proposition qui me sera adressée en bonne et due forme. Mon pays passe toujours avant tout, il est prioritaire comme on dit.
Beaucoup d’amateurs de la balle ronde nationale ne comprennent pas que des gloires du passé, ayant les compétences requises, n’apparaissent pas dans les sélections nationales, notamment en équipe première. Que pouvez-vous dire à ce propos ?
Parfois, nous les anciens avons le bagage nécessaire pour rendre d’énormes services au football algérien, que ce soit en club ou en sélection nationale. Qu’est-ce qu’on demande, sans se vanter, je dirai que pour la compétence et l’expérience sur le terrain, on a prouvé de quoi on était capables. Je n’ai vraiment jamais compris un fait…
De quoi s’agit-il ?
Des gens qui n’ont rien avoir avec le football à ce niveau-là, on ne sait d’où ils sont sortis, puisqu’ils n’ont jamais travaillé, d’illustres inconnus au bataillon, comme on dit, se retrouvent comme par enchantement projetés au-devant de la scène footballistique nationale. Je ne sais si c’est par copinage ou si ça répond à une logique qui est sortie je ne sais d’où, alors que ceux qui devraient être là, sont complètement oubliés…Il est impensable que des gens dont on n’a jamais entendu parler dans le milieu footballistique national ou étranger, aient le privilège de se retrouver comme ça en équipe nationale, d’autant plus qu’ils n’ont jamais rien prouvé ailleurs. Les gens du métier sont marginalisés, alors que des inconnus au bataillon sont sous les feux de la rampe.
Vous semblez irrité par cet état de fait ?
Et comment ! Je me demande comment les responsables de notre football réfléchissent (?) Je me pose souvent cette question. Certes, libre à eux d’entreprendre les actions qui leur conviennent s’ils estiment que c’est de cette manière que cela doit fonctionner, mais il faut savoir que personnellement, je ne pourrai jamais être d’accord avec pareilles pratiques. Le faire, c’est cautionné l’indéfendable. Il est vrai que le football national n’est la propriété de personne, seulement, il y a une échelle de valeurs et une logique implacable, que personne ne peut fuir ou ignorer. Vous n’avez qu’à jeter un coup d’œil sur le staff de l’EN pour avoir une idée, alors que le football national dispose de noms aux compétences connues dans le giron et même au-delà des frontières, et qui sont pourtant mis de côté. Là, je voudrai dire une chose…
…On vous écoute…
Je tiens à préciser que je ne suis pas un demandeur d’emploi, mais je suis quelqu’un qui s’est toujours exprimé librement et sans langue de bois. Tout le monde sait qu’on a beaucoup donné au football national. Je ne parle pas de moi seulement, mais de beaucoup d’autres aussi. Pour l’équipe nationale, on doit faire appel aux gens de métier qui ont un vécu, de l’expérience et le bagage scientifique nécessaire, ce ne sont pas des intrus qui vont relever le niveau de l’équipe nationale. Il faut savoir que je ne m’attaque pas aux personnes, mais je parle seulement football. Chacun doit-être à sa place.
Donc, à votre sens, tel n’est pas le cas ?
Je vous pose à mon tour une question, si vous le voulez bien…
Que pensez-vous par exemple des staffs techniques des différentes sélections nationales des autres pays durant la Coupe du monde en Afrique du Sud ? Avez-vous jeté un coup d’œil sur les bancs, côté encadrements techniques ?
Tous disposent de figures connues du monde de la balle ronde mondiale, puisqu’ailleurs, les anciens internationaux qui ont les compétences voulues, on leur fait appel parce qu’on reconnaît leur valeur. L’exemple des hommes qui entourent le staff technique mis en place par le sélectionneur égyptien Shehata renseigne bien sur la question. Il n’y a à ses côtés que d’anciens internationaux qui connaissent bien leur métier et qui sont bien à leurs places. C’est aussi le cas pour les autres sélections nationales, et si tel est le cas, ce n’est certainement pas fortuit. Cela répond au souci de les faire bénéficier de leur expérience et de leur savoir-faire en matière de préparation de l’équipe et ce, sur tous les plans. Il n’y a que chez nous que les choses se passent autrement et personnellement, je trouve cela aberrant. Qu’ont-ils apporté ces gens-là au football algérien… ?
(A suivre la 2e partie dans notre édition de demain)
A. M. A.





































