J 21 De notre envoyé spécial à Crans Montana : Nadir Fares ; GAOUAOUI Bien sûr que je veux aller en Coupe du monde actualite Je ne serais pas hypocrite pour vous dire que je ne voudrais pas que ce soit moi, parce que la Coupe du Monde je veux bien la jouer.

Vous allez boucler une semaine de préparation en Suisse, quelle évaluation faites-vous de ce début de stage ?

Je ne peux pas faire une évaluation fiable en ce sens où, comme vous le dîtes vous-même, nous ne sommes qu’au début du stage. Ce que je peux dire par contre, c’est que le coach et ses principaux collaborateurs ont planché pendant de très longues semaines pour établir le programme de travail que nous, joueurs devrons suivre lors de ce stage et celui de l’Allemagne qui devrait se dérouler après le match de Dublin. Partant de là, je crois que tout a été minutieusement préparé afin que l’ensemble des joueurs soient au mieux de leur forme lors de la Coupe du monde. Sinon, ici, à Crans-Montana au jour d’aujourd’hui (entretien réalisé mardi, ndlr) nous n’avons pas encore entrepris le travail spécifique, chose qui devrait arriver dans les tout prochains jours.

Il y a de nouvelles têtes dans l’équipe, sept au total, est-ce que vous avez fait connaissance déjà ?

Oui, les présentations ont déjà été faites. Il est tout à fait normal qu’on fasse les présentations dès l’arrivée des nouveaux. En tout cas le groupe est pratiquement le même en ce sens où l’ossature de l’équipe est là depuis des années maintenant. Cela étant, ce groupe vit bien ensemble, nous avons tous envie de réussir quelque chose grand avec l’équipe. Bien sûr nous avons une pensée fraternelle et empreinte de peine pour ceux qui ne sont plus là avec nous pour les raisons qui sont propres à une sélection. Nous savons tous que ce sont les règles du jeu et nous les acceptons tous, c’est l’équipe nationale et celle-ci, en tant que telle se renouvelle au fur et à mesure, les uns arrivent, les autres partent, voilà c’est ça.

Dans votre poste, vous quatre pour trois places, il faudra que le sélectionneur « ôte »  un de ces quatre pour n’en garder que trois. Cette situation ne vous perturbe pas dans votre préparation ?

Pas le moins du monde, non. Comme je viens de vous le dire c’est l’équipe nationale et du mouvement il y en a dedans. Je sais que le sélectionneur doit trancher entre nous quatre pour ne garder que trois, je sais, et là je pense que c’est valable pour les trois autres gardiens de but qui sont là, que tous les quatre nous avons envie de faire la coupe du Monde, mais nous savons qu’il y en a un qui doit rentrer à la maison. Je ne serais pas hypocrite pour vous dire que je ne voudrais pas que ce soit moi, parce que la Coupe du Monde je veux bien la jouer. Mais dire que cela me perturbe dans ma préparation, franchement non, pas du tout. Je travaille d’arrache pied, je fais de mon mieux comme je l’ai toujours fait, derrière c’est le coach qui va décider et ne prendre que les meilleurs.

Qu’est ce que vous pensez des vos concurrents on va dire ?

J’aurai préféré ne pas avoir à répondre à une telle question, mais puisqu’elle est posée, je vais tout simplement vous dire que ces garçons, s’ils sont là c’est qu’ils ont des qualités. On n’est pas sélection en équipe nationale pour autre chose que les qualités techniques qui font de nous un joueur international.

Quelles sont vos relations avec les autres gardiens de but ?

Excellentes. Je m’entends très bien avec tous les autres gardiens de but. Que ce soit Chaouchi, Zemma ou le nouveau venu Mbolhi, j’entretien d’excellentes relations avec eux. Vu de l’extérieur, les gens pensent que c’est la bagarre entre nous et qu’on se toise l’un l’autre comme dans un duel de western, or, la réalité est toute autre.  On est de bons copains, on s’entraide on essaye d’avancer tous ensemble, il n’y a pas d’animosité entre nous, qu’on se le dise.  Les gens pensent  que nous sommes en état de guerre parce qu’un de nous devra faire ses valises et rentrer chez lui, non, il n’y a rien de tout cela au contraire. Bien sûr il y a de la concurrence entre nous, chacun de nous essaye de faire mieux que l’autre, chacun de nous travaille ardemment afin d’être au mieux de sa forme pour rester dans l’équipe, mais cette concurrence est saine je vous l’assure.

Ce sera certainement pénible pour celui qui devra faire ses valises comme vous dîtes, non ? Et vous vous préparez à cette éventualité ?

Le jour où j’ai débarqué dans cette équipe, le jour où j’ai posé pour la première fois ma valise, je savais qu’un jour je devrais tout remballer pour rentrer à la maison et dire adieu à l’équipe nationale. Le premier jour où j’ai été sélectionné d’autres ont dû faire leurs adieux à l’équipe nationale, c’est un cycle permanent en sélection, ça je le sais depuis des années maintenant. Compte tenu de tout cela je suis prêt à toutes les éventualités. Cela dit, il est tout à fait normal que celui qui devra partir sera déçu, et là, permettez-moi de vous dire que la déception de quelqu’un qui vient d’arriver ne sera pas forcément aussi douloureuse et profonde que celle de quelqu’un qui est là depuis dix ans.  Je veux aussi vous dire que dans mes propos je n’insinue absolument rien et je ne fais absolument pas allusion à quelqu’un. Je pense que même pour vous journalistes, couvrir une coupe du monde est  un événement majeur dans votre carrière, je pense que vous serez tout autant déçu qu’un joueur qui sera écarté du groupe, si vous voyez ce que je veux dire.

Qu’est-ce que vous pensez de ce groupe, qualitativement parlant, par rapport à celui qui avait préparé la CAN 2010 ?

Oh ! C’est là une question que je préfère éviter…

Mais pourquoi donc ?

Parce que je préfère ne pas  parler technique ce n’est pas de mes attributions. Dans le groupe de la CAN 2010, il y avait des garçons extraordinaires qui ne sont plus là avec nous, je n’ai que du respect pour eux, beaucoup de respect.

Revenons à la Coupe du monde, qu’est-ce que vous pensez des adversaires de l’Algérie ?

La Slovénie je ne connais pas vraiment je ne pense pas l’avoir vu jouer… Mais son parcours dans les éliminatoires plaide pour elle. Je crois qu’une équipe qui arrive à faire sortir la Russie ne peut être que bonne et solide. Pour les deux autres, l’Angleterre et les Etats-Unis, là je crois qu’il n’y rien à dire nous les connaissons tous, ces deux formations sont tout ce qu’il a de fort en ce moment, deux grosses pointures du football mondial, on s’en méfie beaucoup.

Qu’en est-il de nos chances de passer au second tour ?

Elles sont grandes bien évidemment. Nous savons tous que ce sera un tâche très difficile à accomplir, mais sous sommes si motivés, si ambitieux qu’on veut déplacer des  montagnes.

Notre vœu le plus cher est de faire plaisir au pays et à tous les Algériens où qu’ils se trouvent. Nous sommes avides de réussir un truc, de donner du plaisir à nos supporters et du bonheur à notre peuple.

Entretien réalisé à Crans-Montana par Nadir Farès

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