Tous ceux qui ont suivi le match Maroc-Algérie samedi dernier, techniciens chevronnés et supporters passionnés, auront constaté la prestation ridicule d’une équipe moribonde, incapable de construire la moindre phase de jeu. Fini la période de grâce, qui a manifestement trop duré. Le temps des miracles est révolu.
L’on s’est trop vanté d’une qualification à la Coupe du monde obtenue, en grande partie, grâce à un public en or. La déroute de Marrakech signe définitivement l’arrêt de mort de cette génération qui n’aura pas brillé par la stabilité de ses performances. Mais au-delà des joueurs et de l’entraîneur, le mal est plus profond. En effet, il est impensable de parler de professionnalisme alors que les instances dirigeantes, tout comme les clubs dits «professionnels», s’entourent d’énergumènes qui n’ont d’yeux que pour leurs intérêts étroits. Les décideurs doivent opérer une refonte du football national en confiant sa gestion à des techniciens dignes de ce nom. On ne doit pas éternellement se contenter de ce que les centres de formation d’outre-mer nous offrent comme joueurs de second plan évoluant dans les bas-fonds des Championnats européens et qui viennent faire la pluie et le beau temps en sélection. Il est venu le temps de reprendre les choses en main et de se tourner vers la formation, seul moyen fiable pour construire un véritable réservoir de talents. Et Dieu sait si les talents sont nombreux sur cette terre de football qu’est l’Algérie. Nos clubs n’arrivent plus à s’imposer sur la scène continentale et le Championnat national est devenu la risée des Championnats africains et même arabes. En effet, il n’y a pas que des joueurs «imposteurs» qui s’achètent à coups de milliards, le maintien, les places qualificatives pour les compétitions continentales et même les titres se négocient d’avance. Tout le monde est en mesure d’annoncer le nom du champion, des dauphins et des relégués au moins cinq journées avant la fin de la saison. Le sport le plus populaire en Algérie est gangrené par ce fléau nommé «chkara» sans que personne bronche. Un silence complice qui ne fait qu’aggraver les choses. Parler de corruption et de matches arrangés est tabou chez nous et personne n’ose lever le voile sur ces pratiques de bas étage qui nous ont amenés là où nous sommes. La Fédération n’a jamais ouvert une enquête sur une quelconque rencontre dont le résultat est plus que douteux et Dieu sait s’il y en a. l’équipe nationale n’est que la vitrine du football algérien, alors je suis tenté de dire que cette défaite face au Maroc pourrait nous être d’une grande utilité si on pouvait apprendre de nos erreurs et essayer de nous racheter pendant qu’il est encore temps…
A. Gh.





































