La Fédération algérienne de football a comme projet la construction d’un hôtel d’une quarantaine de chambres qui va servir à héberger les équipes nationales lorsque celles-ci seront en stage.
L’hôtel en question sera situé à Dely Ibrahim, à côté du futur siège de la Fédération algérienne de football qui, lui, va bientôt voir ses travaux débuter. Ce siège sera érigé sur le terrain de l’actuel siège de la FAF et on y prévoit, également, la construction du futur siège de la Ligue professionnelle de football. Les chantiers des deux sièges seront réalisés dans le cadre du projet Goal de la Fifa, la Fédération internationale se proposant d’aider financièrement toute Fédération ayant des projets pour les jeunes catégories ou pour se doter de moyens infrastructurels à même de leur permettre d’activer dans de bonnes conditions. Pour ce qui est de l’hôtel des équipes nationales, nous sommes loin de voir ce chantier commencer, car le terrain sur lequel il sera construit n’appartient pas à la FAF. Celle-ci voudrait l’acquérir comme elle l’a fait pour l’assiette sur laquelle est érigé son siège actuel. Ce siège, propriété des Domaines, était autrefois rattaché au ministère de la Formation professionnelle qui en avait fait un centre de formation avec internat. Il a, ensuite, été mis sous la tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sports, qui l’avait octroyé à la FAF, celle-ci ayant auparavant occupé un appartement, en plein centre d’Alger sur la rue Emir El Khattabi, à quelques dizaines de mètres de l’Université d’Alger.
Une Fédération pas comme les autres
Quand Mohamed Raouraoua est devenu président de la FAF fin 2001, il avait fait de l’acquisition de tout le terrain sur lequel se trouvait le siège à Dely Ibrahim un challenge. Pour lui, une Fédération sportive digne de ce nom se devait d’avoir un siège propre à elle, un siège qui fasse partie de son patrimoine. La Fédération avait, donc, entamé des démarches pour acheter le terrain auprès des Domaines. Cependant, elle ne s’attendait pas au chiffre qu’on allait lui imposer : 22 milliards de centimes. Un chiffre mirobolant qu’on ne pouvait pas s’expliquer. En effet, la FAF est une association sportive qui exerce dans un but sociologique. Son rôle en tant qu’organisme d’utilité publique et d’intérêt général est reconnu par tous. Ce n’est ni un parti politique, ni un gouvernement, ni aucune autre association qui aurait été capable de faire ce que la FAF a réalisé les 18 et 19 novembre derniers. C’est cette FAF-là qui a monté une équipe nationale compétitive et qui a pu se qualifier à la Coupe du monde et qui a permis à l’Algérie de vivre deux journées comme si elle venait d’accéder, de nouveau, à l’indépendance. Si ce n’est pas là une association d’intérêt général et d’utilité publique, on peut se demander ce que c’est. En tout cas, la FAF a plus fait pour ce pays que n’importe quel homme politique, parti ou association. Elle a rendu le peuple heureux. Elle a ravivé son esprit patriotique. Elle a ranimé en lui la flamme nationaliste. Le vert et le blanc étaient partout. Tout le monde était fier d’être algérien. Qu’on nous cite une seule personne en Algérie qui aurait été capable d’en faire autant. Eh bien, c’est cette Fédération sportive à qui on a vendu un terrain pour 22 milliards de centimes. Et dire qu’il y en a qui ont acquis des biens pour le simple dinar symbolique. A qui appartient la FAF ? Certainement pas à Mohamed Raouraoua ou n’importe quelle autre personne qui pourrait accéder à sa présidence. Elle appartient à l’Algérie et à son football. Ce football qui se targue d’avoir près de 200 000 licenciés, presque autant de jeunes qui pratiquent une activité sportive comme le recommande la loi 04-10 sur le sport. L’impact qu’a le football sur la société algérienne est
indéniable. Pourtant, on a refilé un terrain à la Fédération qui le gère pour 22 milliards de centimes. 22 milliards qui auraient grandement contribué au développement de la discipline. Aussi, quand l’Etat a décidé d’octroyer à la FAF, vers les années 2004-2005, la somme de 37 milliards de centimes annuellement dans le cadre de la refondation du football, une partie de ce pactole était utilisée pour payer les échéances de l’achat du terrain, car il était indispensable que cette Fédération dispose d’un patrimoine qui soit bien à elle.
Sidi Moussa a longtemps attendu
Il faut dire que le fameux projet Goal de la Fifa n’était pas du tout axé dans un premier temps sur le siège de la FAF. En 2003, le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, avait posé, à Sidi Moussa, la première pierre de ce qui devait devenir le centre de regroupement des équipes nationales de football. Le site est propriété du ministère de la Jeunesse et des Sports et dans les années 60 et même au début des années 70, c’était là que l’équipe nationale A se préparait. Le centre revenait, donc, bien des années plus tard, à sa première vocation. En dehors du financement de l’Etat, la FAF avait obtenu de la Fifa que le chantier soit inscrit dans le cadre du projet Goal, la Fédération internationale se proposant de financer la mise en place d’un terrain en gazon synthétique et même de contribuer à la construction d’un hôtel. Seulement, pour débloquer l’argent, la Fifa exigeait que le terrain soit propriété de la FAF. Une opération qui n’a jamais pu se faire, le MJS insistant sur le fait que le site devait rester sous sa coupe. C’est comme cela que la FAF a reporté le projet Goal vers Dely Ibrahim sur le site propriété de la FAF où celle-ci veut construire son nouveau siège.
Toujours est-il, quelque temps plus tard, on a appris que le ministère de la Jeunesse et des Sports avait comme projet d’installer sur le site de Sidi Moussa un centre de formation du football. Une bonne initiative si elle avait été menée avec célérité car nous sommes en 2010 et ce n’est que récemment qu’on a appris que ce centre de formation allait être opérationnel. Dernièrement, le président de la FAF, M. Mohamed Raouaroua, avait déclaré qu’un tel centre ne pouvait être placé que sous la coupe de la Fédération qui a en charge le développement du football ainsi que la formation des jeunes talents.
Le centre de regroupement des équipes nationales n’ayant pu se réaliser, la FAF a eu comme idée de construire à côté de son nouveau siège un hôtel de 40 chambres pour ces équipes-là quand celles-ci seront en stage. Ce n’est pas un centre de regroupement, avec tout ce que cela suppose comme équipements, à savoir des terrains, des salles omnisports, des salles de récupération, des salles de soins, des salles de loisirs, etc., mais au moins cela contribuera à alléger le fardeau que coûte à la FAF la prise en charge des équipes nationales lorsqu’elles sont en regroupement. Mais il se trouve que le terrain sur lequel la FAF veut
construire l’hôtel en question ne lui appartient pas. Il est propriété de l’Etat. La Fédération, selon les dires de son président, aurait, donc, entamé des démarches en vue de l’acquérir. La logique voudrait que ce terrain, qui va servir à la prise en charge d’équipes sportives qui défendent les couleurs nationales sur la scène internationale, soit attribué pour une somme dérisoire pour ne pas dire nulle. Mais la méfiance est de mise. Le terrain qui est, aujourd’hui, propriété de la FAF lui a bien coûté 22 milliards de centimes. De là à voir cette dernière mettre à contribution son compte en banque pour payer le terrain en question, il n’y a qu’un pas que l’on pourrait allègrement franchir. On a la très nette impression que l’on considère la Fédération de football comme n’importe quelle entreprise privée, alors que sa mission est hautement éducative et son impact sur la société absolument sans concurrent. Une Fédération qui n’est la propriété de personne mais celle du football, ce sport si prisé capable de mobiliser les foules autour d’un idéal patriotique. Le terrain que cette Fédération a acheté restera sa propriété quels que soient les hommes qui auront à la diriger. Si on lui met des bâtons dans les roues, c’est au sport qu’elle gère qu’on s’en prend et à travers lui à toutes les équipes nationales dont celle des A qu’on ne cessera de remercier pour tous les instants de bonheur qu’elle a donnés au peuple algérien au soir du 18 novembre 2009, un peuple qui a vécu ce jour-là une sorte de seconde indépendance.
J. A.



































