Joueur de talent, très professionnel dans son attitude, athlétique et coriace sur le plan physique, poste de prédilection : défenseur, qualités particulières : polyvalent, peu pratiquement évoluer à tous les postes, ce qui est rare. Lui, c’est Kheireddine Zarabi qui évolue à Setubal, club de première division du championnat portugais. Poursuivant sa rééducation après sa blessure à l’épaule qui a nécessité une intervention chirurgicale, l’enfant d’Hussein-Dey, qui sera totalement opérationnel, à partir du mois de septembre, ne manque pas de sollicitations. Nous l’avons joint, hier, au téléphone au Portugal, pour en savoir plus au sujet de ses contacts, avoir de ses nouvelles et connaitre sa position par rapport au peu d’intérêt que lui accorde le sélectionneur national, malgré ses belles performances, la saison passée et le niveau intéressant qu’il affiche à chacune de ses sorties avec son équipe. Avec sa gentillesse coutumière, il a courtoisement répondu et sans détours à nos questions.
Tout d’abord, comment ça va ?
Très bien merci. Tout va bien, el hamdoulah.
On a appris que le Mans, Reims et Clermont-Ferrand sont sur vos traces. Le confirmez-vous ?
Oui, je vous le confirme. Ces trois clubs ont manifesté leur intérêt pour m’engager cette saison.
Vous ont-ils fait des offres concrètes ?
Les dirigeants de Reims ont pris officiellement attache avec les dirigeants de Setubal. Ils leur ont fait savoir qu’ils voulaient me faire venir chez eux. C’est mon frère aîné, Abderaouf et mon manager George qui s’occupent des démarches entre les deux clubs. Ils m’ont appris, que pour le moment, les deux clubs ne sont pas parvenus à un accord, pour la simple raison que les dirigeants de Reims ont trouvé le montant de transfert fixé par la direction de mon club, trop élevé par rapport à ce qu’ils avaient prévu comme budget.
La piste Reims est-elle pour autant écartée ?
Non, non ! Les deux parties poursuivent les négociations et elles ne sont pas parvenues pour le moment à un accord.
Vous demeurez donc sous contrat avec Setubal ?
Oui, mon contrat expire en 2011. Il faut savoir, que mes dirigeants ont fait le forcing auprès de moi pour que je prolonge mon contrat d’au moins une année. En effet, ils ont inclu dans mon contrat initial d’une durée de deux ans, un avenant stipulant l’option de son prolongement d’une année. Cela a été fait à mon insu. J’ai refusé de prolonger mon contrat, pour la simple raison, qu’ils ne m’ont pas proposé une amélioration de ma situation financière actuelle.
Pourquoi veulent-ils que vous prolongiez ?
Ils m’ont expliqué qu’ils voulaient me garder, mais que si je les sollicite pour un transfert rentable pour eux sur le plan financier, ils ne s’opposeront pas à mon départ cette saison, mais ils veulent que cela se fasse sous forme de prêt, pour que je demeure toujours la propriété du club.
Et quelle est votre position par rapport à cela ?
Je refuserai de prolonger mon contrat comme je viens de vous le dire, s’ils ne font pas un effort sur le plan financier. On s’est entendus donc pour que mon contrat prenne fin comme convenu en 2011.
Êtes-vous intéressé à jouer pour cette équipe ?
Pourquoi pas ?! Je n’y trouve aucun inconvénient, surtout que ce club me veut. A priori, donc, oui. Toutefois, il faudrait que les deux clubs trouvent un terrain d’entente et que les conditions de ma venue à Reims me conviennent. Je n’ai pas encore le détail des discussions qui sont en cours entre les deux clubs d’un côté, et mon manager, de l’autre.
Cela signifie-t-il que vos dirigeants comptent se séparer de vos services et que pour votre part, vous souhaitez changer d’air ?
Il faut savoir que je me sens bien à Setubal, où tout le monde me respecte et où l’entraîneur me fait confiance. Mais dans la vie d’un footballeur, tout est possible. Un jour t’es là, un autre t’es ailleurs. En tant que joueur professionnel, je prends en considération toutes les offres qui me parviennent, suite à quoi je prendrai une décision finale quant à mon avenir.
Cela ne vous gêne-t-il donc pas de quitter la division une portugaise pour la Ligue 2 française ?
Franchement, cela ne me gêne nullement. Pourvu que j’y trouve mon compte sur le double plan sportif et financier. Il faut savoir, aussi, que jouer en Ligue 2 en France, peut se révéler une bonne chose pour moi. Cela pourrait me donner la chance de me distinguer et de frapper à la porte d’un bon club de Ligue 1.
Qu’en est-il des contacts avec Le Mans et Clermont -Ferrand ?
Je confirme aussi ces deux contacts. Pour le moment, il n’y a rien de concret.
C’est-à-dire ?
Pour ce qui est du Mans, le contact est sérieux, mais pour le moment aucune offre concrète ne m’est parvenue. La raison est simple, les responsables du Mans sont intéressés par mon profil ; seulement en apprenant que je suis en période de rééducation, suite à l’intervention chirurgicale que j’ai subie, il y a environ un mois et demi, ils veulent avant cela s’assurer que je ne serai pas handicapé par cette blessure. Ils se sont renseignés et j’attends qu’ils se manifestent à nouveau. Pour l’instant, il n’y a rien de nouveau.
Et pour ce qui est de Clermont-Ferrand ?
C’est un contact très récent, qui vient de me parvenir, il y a seulement quelques jours de cela. Mon frère et mon manager s’en occupent. S’il y a du concret, ils m’en feront part.
Avez-vous une préférence parmi ces trois clubs qui vous veulent ?
En toute franchise, je n’ai pas vraiment de préférence. Il s’agit de trois clubs respectables. Si transfert il y a, cela dépendra des offres et des négociations entre les différentes parties.
Donc, jouer en France cela vous tente ?
Oui, ça pourrait être une bonne chose pour moi. Non, seulement, pour la langue puisque j’aurais plus de facilité à communiquer avec les gens, je me rapprocherai de mon frère Abderraouf qui joue à Nîmes. Aussi, sur le plan sportif, ça pourrait être une nouvelle expérience enrichissante pour moi sur les plans humain et sportif.
On croit savoir que des clubs ukrainiens vous convoitent aussi. Est-ce exact ?
Oui, mais c’est mon manager qui s’en occupe et pour le moment, il ne veut rien dévoiler.
Avez-vous reçu d’autres offres ?
En premier lieu, je comptais rejoindre une équipe chypriote de la capitale Nicosie, qui m’a fait une proposition intéressante. Mais les dirigeants de Setubal ont refusé que je parte là-bas.
Pour le moment, donc, vous-êtes en stand-by, n’est-ce-pas ?
Exactement, c’est bien le cas. Mais, pour moi, tant que rien n’est vraiment clair pour les contacts que j’ai eus. Dans ma tête, je jouerai cette saison encore à Setubal.
Où en êtes-vous avec votre programme de rééducation ?
Tout se passe bien jusqu’à présent. Je serais prêt à reprendre normalement les entraînements comme le reste de mes camarades début septembre. Je suis à la lettre le programme qui m’a été établi par les staffs technique et médical. Pour le moment, tout se passe bien pour moi.
Est-ce à dire que vous ne vous préparez pas avec le groupe la nouvelle saison ?
Si, je m’entraîne avec le groupe, mais je suis un programme aménagé. C’est-à-dire que pour l’instant, j’évite tout contact. Ce n’est que d’ici le mois de septembre que je serais soumis aux mêmes séances que mes camarades. Je suis donc plutôt soumis à un entrainement spécifique avant le mois de septembre.
Malgré le fait que vous ayez réussi à vous imposer la saison passée dans un club de première division au Portugal, point de convocation en équipe nationale, jusqu’à présent. Votre sentiment ?
Que voulez-vous que je vous dise ?! Moi, je fais de mon mieux pour être au top, je travaille d’arrache-pied au sein de mon club, je ne néglige rien, je me comporte en vrai professionnel, que ce soit dans ou en dehors du terrain, je suis ambitieux, j’aime mon pays et j’aspire légitimement endosser un jour le maillot national, comme tout joueur qui veut réussir une grande et belle carrière, pour le reste… Cela n’est pas de mon ressort.
Au niveau de l’EN, des membres du staff technique national et des personnes mandatées, se sont rendues en Europe, avant la Coupe du monde, pour superviser certains éléments susceptibles de renforcer l’effectif de l’EN, étant venu vous voir ?
Pas du tout, personne n’est venu me superviser, alors que de l’avis de connaisseurs ici au Portugal qui m’ont vu à l’œuvre, j’étais vraiment en excellente forme et donc compétitif. Ça m’a vraiment déçu, que personne n’ai pensé à moi. Pourtant, je suis Algérien, j’aime mon pays et j’estime que moi aussi je mérite de l’attention et qu’on me donne une chance. Pourquoi, le fait-on pour certains et pas pour d’autres, alors que sur le terrain, il n’est pas toujours vérifié, qu’ils sont meilleurs que nous ?
Vous avez l’air comme dépité ?
Il y a bien de quoi. Certes, le sélectionneur ne peut faire appel à tout le monde, mais à ceux qui répondent à sa vision des choses. Toutefois, j’estime que ceux qui méritent, on doit leur accorder une chance. Ce n’est pas pour rien que je suis titulaire à part entière à Setubal, non ? Je dois bien valoir quelque chose sur le terrain non (rire) ? Mais bon, souvent, on est mieux considérés à l’étranger que dans notre propre pays, hélas. Vous savez, déjà au CRB avec Belayachi, j’avais vécu des moments difficiles, qui me sont restés en travers de la gorge. Alors que j’étais en pleine forme et que je réussissais de belles performances, comme lorsqu’on a battu l’ESS à Sétif, il trouvait le moyen de me mettre lors du match d’après sur le banc. Il avait pour seule explication à me donner, que certains joueurs exerçaient sur lui une terrible pression et qu’il ne pouvait pas ne pas les faire jouer. Voilà, comment ça se passe chez nous. Je voudrai dire quelque chose…
Oui, allez-y ?
Je tiens du fond du cœur à remercier Kalem, qui m’a facilité la tâche lorsque je voulais quitter le Chabab, pour aller jouer en Finlande, car j’étais dégoûté par l’attitude de Belayachi et son injustice envers moi. Kalem a vraiment été homme, au sens propre du terme, avec moi et ça je ne l’oublierai pas.
Pour revenir à vous, nous avons visionné quelques DVD vous concernant et nous avons été agréablement surpris de vos belles performances face au Benfica et à Porto particulièrement, on conseille à Saâdane, d’y jeter un coup d’œil…
J’ai transmis moi-même des DVD et des cassettes vidéo des matches références que j’ai joués, mais cela n’a pas pour autant interpeler les décideurs au niveau de l’EN, pour qu’il me prêtent un peu attention. C’est dommage. Je n’aime pas faire ma propre apologie, cela ne se fait pas, mais j’ai le droit comme tout autre footballeur algérien d’aspirer défendre les couleurs nationales un jour. Si je n’avais pas les moyens de le faire, la décence m’aurait dicté de ne pas du tout faire allusion à l’EN, mais tel n’est pas le cas.
En plus vous avez l’avantage d’être un joueur polyvalent…
Exact, certes, j’évolue le plus souvent en tant que stoppeur au sein de mon équipe, mais je peux vous assurer qu’à Setubal, l’entraîneur m’a fait jouer dans tous les postes, sauf celui de gardien de but et de meneur de jeu…
Gardez-vous espoir d’être appelé par Saâdane ?
Mon souci est de reprendre dans de bonnes conditions la compétition avec mon club, et je ne perdrai jamais espoir de jouer en équipe nationale un jour. Pour ma part, je fais de mon mieux pour mériter une convocation, pour le reste, il appartient au sélectionneur national de voir. Moralement, je suis très bien depuis que mon épouse et mon petit garçon de 4 mois m’ont rejoint à Setubal. A 26 ans, j’ai tout pour réussir, il me reste que l’EN pour être l’homme le plus heureux du monde. Si on me fait appel, je ne décevrai pas !
Entretien réalisé par Mohamed-Amine Azzouz





































