Djelloul, Kébir et les autres…

Djelloul, Kébir et les autres… equipe nationale  A deux mois et quelques poussières du Mondial sud-africain, le premier jamais organisé par le continent noir, l’équipe algérienne, qui, à la force de son jarret et à la sueur de son front, s’est qualifiée à cette joute historique, a besoin plus de sérénité que jamais. Or, cette sérénité est loin d’être acquise, on tire à boulets rouges sur elle. Les critiques fusent de partout et ce n’est certainement pas le meilleur moyen de lui permettre d’être au mieux de sa forme le mois de juin prochain à Johannesburg. Mais pourquoi donc sommes-nous obligés de tout remettre en question dans une équipe qui a donné tant et tant de joie à tout un pays, tout un peuple ? Certains n’y vont pas par trente-six chemins pour critiquer et porter des jugements qui font souvent mal. Nous ne sommes pas du tout contre la critique en ce sens que nous sommes profondément convaincus que c’est en se remettant constamment en cause que  l’on pourra avancer. Mais en ces moments délicats pour notre équipe nationale, si les critiques sont les bienvenues, elles devraient être objectives et surtout… surtout à l’endroit précis où elles devraient être émises. Remettre en cause le travail effectué depuis de très longs mois par le staff technique est une aberration qui ne dit pas son nom. Sortir cette histoire du parcours des membres du staff technique, revenir sur le passé de certains de ses membres en est une autre. «Zoheir Djelloul a été taxieur au Canada, Lamine Kébir est un inconnu dans le monde du football» s’évertuent à raconter certains, à longueur de journée. Comme si avoir fait chauffeur de taxi avait été une grosse tare, une honte, alors qu’il s’agit d’un métier des plus nobles. Oui Zoheir Djelloul avait été par le passé taxieur. Lui qui est diplômé de l’ISTS a dû s’exiler pour faire ce métier dans le lointain Canada et puis après ? C’est une tare ? Combien sont-ils dans son cas, qui munis de diplôme universitaire bien de chez nous font d’autres métiers ailleurs ? Combien sont-ils ces médecins, ces ingénieurs algériens à faire d’autres métiers en Angleterre, en France, aux Etats-Unis, en Espagne et ailleurs ? Des milliers. Zoheir Djelloul, sans travail au pays, a dû s’exiler au Canada et a fait un autre métier que celui dont il était prédestiné et pour lequel il avait fait pourtant des études supérieures (à l’INFS/STS) mais où est le mal à ça ? Devrait-on le bannir du football juste parce qu’il a commis ce crime d’avoir été taxieur, ou bien devrons-nous le juger pour ce qu’il apporte à l’équipe nationale ? On pense honnêtement qu’on devrait le juger pour son travail en sélection et là, seuls les joueurs et l’entraîneur national sont en mesure d’en parler. Ce sont eux (les joueurs et Rabah Saâdane) qui peuvent en parler du fait  que ce sont eux qui travaillent avec lui et donc capables d’en parler. Lamine Kébir (le préparateur physique) lui (ancien joueur du RCK, ex-entraîneur du WA Rouiba et diplômé de l’INFS/STS) est accusé d’être un inconnu sur la scène footballistique comme si Mourinho et Lippi sont nés avec la notoriété qui est la leur aujourd’hui. Mais bon sang de bon sang, quel est cet entraîneur qui est né star ? Alex Ferguson ?  Fabio Cappelo ? Ditmar Kramer ?  Valeri Lobanovski ? A ce que l’on sache, ces entraîneurs étaient tous des inconnus avant de réaliser ce qu’ils ont réalisé chacun dans son pays ou dans son club pour devenir ensuite des stars mondiales. Alors pourquoi ce qui est valable pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres ?

Mustapha Ouaïl